Améliorer l’accès aux soins et les conditions des soignants, tout en facilitant le diagnostic des médecins c’est l’objectif de la e-santé. Cette innovation est au service des pathologies rares et particulièrement du domaine neurologique.

Par Elise Fort

Le virage numérique en matière de santé est au centre d’une stratégie nationale. La e-santé regroupe les nouveaux modes de communications et d’expertises comme la télémédecine, télésanté, objets connectés, imprimante 3D… Elle comprend une amélioration des soins mais surtout une participation active de la personne malade. Des nouvelles techniques qui se disent plus smart, plus rapides et plus pointues.

Le futur s’invite dans la santé

La e-santé optimise les réseaux numériques pour en faire de nouveaux outils révolutionnaires. C’est une vaste notion qui regroupe une multitude d’innovations. Cela  peut permettre, notamment, de répertorier les données médicales dans un carnet de partage accessible à tous les spécialistes concernés (enregistrer les traitements, les diagnostics, l’évolution des symptômes …). C’est aussi porter des projets comme l’intelligence artificielle, la robotique avec par exemple les membres articulés et la domotique pour améliorer l’environnement et la sécurité du malade. « La e-santé pourrait permettre de projeter les capacités humaines à travers le temps et l’espace » précise Frédéric Prate, Directeur du Centre de référence Santé, Bien-être, Vieillissement à Nice.

Faire évoluer la place du malade

La e-santé compte bien incorporer au monde médical du social. Particulièrement prendre en compte les attentes du patient pour réduire la perte d’autonomie. Il est prouvé que des meilleures conditions de vie sont bénéfiques en tout point. C’est pour cela que ces avancées technologiques comptent mettre en expérience un feedback, c’est-à-dire, évaluer si ces outils permettent au sujet d’être dans de meilleures conditions pour être traité.

La e-santé peut mettre en place des plateformes de e-learning, d’apprentissages en ligne pour mieux gérer son handicap. Dans un futur plus ou moins lointain, l’interface cerveau-ordinateur permettra au patient d’envoyer des commandes sur un ordinateur par des signaux cérébraux. Ces progrès sont vus comme de nouvelles thérapies pour la personne. (lutte contre la solitude, l’éloignement, l’incompréhension…). Pour résumer, les 5 points fondamentaux d’un suivi pour un malade 3.0 sont : personnalisé, préventif, prédictif, participatif et la preuve d’un service rendu au patient.

Mais des avis sceptiques se font entendre. Notamment la déshumanisation et la perte de lien social que peut provoquer le numérique. En réponse, les spécialistes précisent que ce n’est pas quitter le corps médical mais limiter les déplacements et consultations inutiles pour favoriser un rendez-vous efficace. C’est simplifier une rencontre et une participation plus active du patient pour justement créer un lien entre lui et son médecin. Ces innovations sont aussi une réponse à la désertification médicale dans certaines zones géographiques. « La e-santé c’est aller vers une médecine équivalente et optimale », conclut Ghilas BOUSSAID, Direction des Affaires Médicales de l’AFM Téléthon.