Pour beaucoup, c’est un réflexe : en se levant, avant de dormir, dans une salle d’attente, mais aussi en parlant avec des amis, devant la télé, ou même en cours ou au travail… on sort machinalement notre portable, parfois sans réaliser ce qu’on fait, et hop ! un petit tour sur Facebook, Snapchat, Instagram… Mais pour certains, internet est devenu leur drogue. Il peut permettre en effet de s’évader du quotidien, de se créer une nouvelle identité, d’avoir accès à tout ou presque… Alors, quand il faut s’en détacher, ça peut devenir très compliqué.

Par Justine Ferrari

Quand on pense « addiction », on ne pense pas forcément à internet, mais plutôt aux drogues et à l’alcool. Pourtant, la dépendance à internet n’est pas si différente : elle se définit par l’incapacité de contrôler le temps alloué à des activités reliées à internet. Il n’y a pas de chiffre reconnu scientifiquement, mais les plus atteint y restent scotchés leur journée entière. Ils en viennent même à se lever la nuit pour se connecter ! Cette addiction peut concerner le média en lui-même, tout comme les activités que l’on peut y pratiquer (réseaux sociaux en priorité, mais aussi jeux en ligne, jeux d’argent, achats…).

Le portable, prolongement de notre main

Les smartphones sont le déclencheur de cette nouvelle forme addiction : nous ne nous séparons jamais de notre téléphone, mettant régulièrement à jour notre fil d’actualité. En fait, l’idée de nous déconnecter de tout ça nous traverse rarement l’esprit. Les réseaux sociaux sont devenus incontournables : rester informé de l’actualité, des activités des people, garder contact avec des amis, en retrouver des anciens, trouver un emploi… Internet nous donne une impression de contrôle, alors que nous en sommes dépendants. En moyenne, une personne lambda consacrerait cinq heures par jour à regarder ses écrans défiler. Mais cela peut aller bien plus loin… Qui ne connait pas l’histoire de cet ado Taïwanais qui décéda d’épuisement après avoir passé trois jours de suite sur les jeux en ligne ? Certes, tout le monde ne va pas si loin, mais internet a de vrais effets sur notre quotidien : isolement, difficultés à se concentrer (en étant toujours ramené à nos réseaux sociaux) problèmes de vue (à cause de la lumière bleu émise par les écrans, 50% de la population mondiale sera myope d’ici 2050) mais aussi anorexie et dépression, à cause des images parfaites véhiculées sur les réseaux, comme Instagram. De plus, une nouvelle étude expose que renoncer aux réseaux serait aussi difficile que de se sevrer d’une drogue.

Connectés en permanence

Lors de cette étude,  38% des participants déclaraient passer moins de 3 heures par jour en ligne, 39% entre 3 et 6 heures, 9% entre 6 et 9 heures dans la journée, et enfin, 13,9% ont déclaré passer plus de 9 heures chaque jour à regarder leurs écrans. Les conséquences ? Pour comprendre l’effet d’une déconnexion chez les personnes accros, les scientifiques ont privé les volontaires d’internet pendant 2 heures. Deux minutes après le début de privation, une augmentation de la tension artérielle et une augmentation du taux de fréquence cardiaque ont alors été relevés chez les patients les plus accros. Selon les auteurs de l’étude, il s’agit des symptômes de sevrage  « semblables à ceux notés après l’arrêt de nombreuses substances telles que les anti-dépresseurs, l’alcool, le cannabis et les drogues dures ». En effet, les psychologues observent que, lorsque les plus accros à internet sont « déconnectés », ils peuvent devenir anxieux, agressifs, critiques ou pessimistes. Alors, pour éviter le pire, consommez internet avec modération !