Certaines personnes sont plus fragiles que d’autres en raison de leur état de santé : immuno-dépression, diabète, maladie du sang… Chez ces patients, des maladies infectieuses sont plus fréquentes et peuvent aussi être plus graves, comme en cas de grippe. Pour les protéger, la vaccination est particulièrement recommandée. 

La grippe hivernale touche chaque année plusieurs millions de personnes. C’est une maladie très contagieuse par voie aérienne et contact direct. La grippe peut être grave, en particulier chez les personnes fragiles ou atteintes de certaines maladies chroniques. C’est d’ailleurs un motif fréquent de consultations en médecine générale, d’hospitalisations, de complications infectieuses et de décompensations de maladies chroniques (cardiaques, respiratoires, métaboliques…). Mais la grippe peut être aussi responsable de décès… Ce risque est souvent à tort minimisé. « Le vaccin dans sa généralité est assez mal perçu et c’est vrai qu’il y a eu une contre-publicité qui a parfois été soutenue par certains professionnels appartenant au corps médical, explique Jacky Vollet, Président de l’Association Française des Diabétiques 06. Résultat ? La population est réticente à la vaccination parce qu’elle manque d’information! » Du côté d’Eric Balez, vice-président de l’Association François Aupetit, c’est le même son de cloche. « L’information autour de la vaccination n’engendre que des craintes, remarque-t-il. J’étais moi-même anti vaccin ! C’est en travaillant avec l’INSERM et l’association Tous Chercheurs que j’ai commencé à comprendre quel était le principe d’action, de fonctionnement et l’intérêt de se faire vacciner. Ces chercheurs proposent des formations et des clés de compréhension sur les maladies auto-immune, la génétique, la vaccination… Elles organisent aussi des stages pratiques sur la paillasse… C’est très concret ! » Pour ces patients et représentants d’association, le principe est simple : il faudrait être bien informé pour prendre la bonne décision.

La vaccination, mais pourquoi ? 

« La personne atteinte par une maladie chronique est plus volontiers exposée, débute le Docteur Cyprien Arlaud, médecin praticien hospitalier au CHU de NICE.  Avec un système immunitaire affaibli, elle combat plus difficilement le virus grippal. Parmi les principales mesures de prévention, la vaccination reste le moyen le plus efficace pour se protéger de la grippe. Même si le vaccin n’est pas efficace à 100%, il réduit le risque de tomber malade de 75 à 90 % et permet également de réduire les symptômes grippaux (fièvre, toux…) ». Pour les patients, la grippe peut parfois engendrer de nombreuses problématiques. C’est le cas notamment pour les diabétiques, qu’ils soient de type I ou II. « En effet les conséquences sont multiples. Un terrain infectieux peut déclencher une hyperglycémie. Résultat ? Un potentiel déséquilibre, détaille Jacky Vollet. La population des diabétiques est également vieillissante donc c’est une double peine… L’âge et la fragilité en raison de la maladie chronique ne font vraiment pas bon ménage avec la grippe. » L’objectif de l’AFD06 ? Sensibiliser sur le vaccin. « Plus les gens tardent à se faire vacciner, plus ils risquent d’être exposés au virus, poursuit le Président. Il est également très important de sensibiliser les proches, qui minimisent le diabète car c’est une maladie silencieuse alors qu’elle est grave… Il s’agit de la première maladie chronique en France… Pas la peine de rajouter des infections à cette population ! »

En pratique 

La campagne 2018 de vaccination contre la grippe saisonnière a débuté le 6 octobre dernier et se poursuit jusqu’au 31 janvier. Votre caisse d’Assurance Maladie vous adresse automatiquement un coupon de prise en charge qui vous permettra de bénéficier gratuitement du vaccin antigrippal, notamment pour les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques. Il faut compter environ 15 jours entre le moment de la vaccination et le moment où l’on est vraiment protégé contre la grippe saisonnière.

Et côté effets secondaires ? « Le vaccin est sans danger et a peu, voire pas, d’effets secondaires (réactions locales transitoires, rarement de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires, céphalées), affirme le Docteur Arlaud. Le vaccin est contre-indiqué uniquement pour les personnes allergiques aux protéines d’œuf. Par contre, en cas d’asthme allergique par exemple, il est fortement recommandé de se faire vacciner. Et surtout… Contrairement à la croyance répandue, le vaccin contre la grippe ne donne pas (ou n’aggrave pas) la grippe ! »

Bon nombre de professionnels de santé sont habilités à vous vacciner : médecins, infirmier(e)s, sages-femmes (pour les femmes enceintes et l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois) et bientôt les pharmaciens. Attention, les souches virales peuvent changer chaque année. Il est donc nécessaire de se faire vacciner tous les ans, avec le nouveau vaccin mis à disposition. « Il est important que les personnes de l’entourage proche (enfant, adulte et professionnels de santé) soient vaccinées contre la grippe chaque année, rappelle le praticien. Cela permet d’éviter qu’elles lui transmettent l’infection.

Il est aussi essentiel que chacun mette en place, en période épidémique, des gestes simples destinés à limiter la transmission des virus, tels que l’hygiène des mains, l’utilisation de mouchoirs à usage unique…  Et pour les personnes grippées, ne pas hésiter à porter un masque et éviter les contacts avec les personnes fragiles ou malades. »