C’est grâce à la Caisse d’Epargne Côte d’Azur, l’un de ses sponsors, que nous avons eu la chance de rencontrer Cléopatre Darleux. A tout juste 26 ans, cette athlète talentueuse enchaine les sélections en Equipe de France et compte bien tout faire pour partir à Rio en cette année de Jeux Olympiques. Pugnace mais aussi bourrée de charme, nous vous proposons une belle rencontre avec Cléopatre Darleux, surnommée « L’ange gardienne » de l’OGC Nice Handball !

Propos recueillis par Coralie Bouisset

Comment es-tu tombée dans le handball ?

J’ai commencé assez jeune, à l’âge de 7 ans, dans une optique de loisirs. D’abord avec mes deux grandes soeurs, sur le terrain… A l’inverse du football, nous ne sommes pas détectés très jeunes dans le handball, du coup j’ai commencé à passer des sélections à 13 ans pour rentrer en pôle espoir, chose que j’ai faite à Strasbourg l’année suivante. C’est à cette époque que j’ai choisi les cages. A 16 ans, j’ai été détectée à Besançon, dans un centre de formation où il y avait une équipe fanion en première division. J’ai donc joué une année en nationale 1 et à 17 ans j’ai joué une saison en première division. 

C’est à ce moment là que tu commences à jouer en pro ?

J’ai donc été détectée, je suis allée à Paris et j’ai signé mon premier contrat professionnel à 18 ans. J’y suis restée deux ans en première division. J’étais dans le vif du sujet ! J’ai ensuite signé deux ans à Metz puis un an à Brest qui montait en puissance. J’avais besoin d’endosser un rôle différent, plus leader. On a fini championnes de France et on a gagné la coupe de la ligue, c’était une super belle année mais le club a coulé financièrement. Du coup j’ai du partir en crise, on était au mois de juillet et il n’y avait plus trop d’autres possibilités… Et j’ai atterri au Danemark pour deux ans. Travailler à l’étranger reste assez compliqué notamment au niveau de la communication. J’ai appris l’anglais et un peu le danois, c’est super sur le plan personnel. Côté sportif, on a gagné le championnat, la coupe du Danemark et la coupe des coupes (la coupe d’Europe). On a remporté tous les titres sur une année !

Et enfin… Nice !

Oui ! Je cherchais de nouveau un club en France et je suis arrivée à Nice en 2014. Le projet m’intéressait beaucoup, c’était un club en expansion, certains de mes collègues de Brest, où j’avais passé une super saison, venaient ici ainsi que Sébastien Gardillou, l’entraineur qui m’a aussi coachée à Metz et en équipe de France. Il y avait vraiment une émulation… Et en plus la ville est très belle, le projet m’a vraiment intéressée. Ce qui m’a intéressée dès le début ? La volonté des dirigeants d’être qualifiés en Coupe d’Europe et de la gagner ! Malheureusement, d’un point de vue personnel, j’ai eu beaucoup de blessures depuis que je suis arrivée ici, donc ça a été assez compliqué pour moi. Du coup, je pense que ça a pâtit aussi sur les résultats de l’équipe.

Comment gère-t-on ses blessures en tant qu’athlète de haut niveau ?

C’est assez difficile, cela fait partie de la carrière de sportif professionnel. J’ai vécu mes huit années de première division sans aucune blessure. A mon arrivée à Nice, j’ai eu une petite déchirure au niveau du pyramidal (fessier) puis une entorse du genou. Ensuite, j’ai enchainé des petites blessures, des petites déchirures aux quadriceps puis une grosse tendinite au niveau du tendon rotulien… Beaucoup de blessures assez difficiles à gérer quand on n’a pas l’habitude d’en avoir mais aussi quand on est quelqu’un de compétiteur, avec l’envie de retrouver au plus vite le haut niveau. Il faut se réfréner et prendre le temps pour bien revenir.

Comment es-tu prise en charge par le staff médical ?

En général, un examen est toujours fait suite à une blessure. Moi j’ai par exemple déjà fait IRM ou échographie du tendon du genou. Nous avons un médecin, un ostéopathe, un kiné, donc une équipe médicale qui nous prend très bien en charge et qui après nous redirige si besoin vers un médecin plus spécialisé. En ce moment, je vais quatre fois par semaine chez le kinésithérapeute, une fois par semaine chez l’ostéopathe. En dehors des entrainements, il y a une grosse prise en charge personnelle : je glace mon genou après les séances, je fais de l’électro-stimulation sur mon tendon chez moi, des étirements… Des protocoles sont mis en place pour mettre toutes les chances de notre coté et j’essaie d’être assez assidue là dessus.

Du coup, tu as une hygiène de vie assez drastique ?

J’avoue… Je suis obligée de faire très attention à ça. Lorsque je suis partie au Danemark, j’ai vu une autre facette du sport, là-bas c’est très professionnel, tout était fait pour qu’on se concentre sur le handball et au niveau de la vie de tous les jours, il n’y avait pas beaucoup d’autres choses à faire pour moi. Donc c’est vrai que je me suis beaucoup penchée la dessus, j’ai essayé de me rapprocher des bonnes personnes en matière de nutrition. Par exemple, je travaille avec Denis Riché, micro nutritionniste basé sur Nîmes. Donc j’ai « un régime », c’est vrai que je ne suis pas obligée de le suivre drastiquement mais, j’essaie d’être assez rigoureuse donc je fais attention à ce que je mange, plutôt sans gluten notamment.

Côté alimentation, que donne une de tes journées types ?  

Le matin, je prends le petit déjeuner très tôt, deux heures avant l’entrainement : des protéines avec des oeufs, avec aussi du flocon d’avoine, un fruit. J’ai toujours des collations après l’entrainement et pendant, je prends des boissons isotoniques où il y a un peu de sel et de sucre, pour ne pas perdre trop d’énergie. A midi, une base protéine donc plutôt de la viande blanche comme du poulet, accompagné de légumes et un tout petit peu de riz. Toujours une collation à 16h en cherchant des protéines, ça peut être du poulet, un fruit ou encore des amandes. Et le soir encore une base de protéines, accompagnée de légumes… Mais je me permets un ou deux plaisirs sucrés par semaine tout de même !

Comment se passe l’entrainement au quotidien ?

En ce moment, on joue deux fois par semaine du coup on axe sur la récupération. En temps normal, on a 6 ou 7 séances d’entrainement par semaine, incluant des séances de musculation. Le lendemain de match on a des séances de récupération où on va faire du vélo par exemple. On fait aussi du travail vidéo pour analyser les équipes contre lesquelles on va jouer mais aussi pour analyser notre fonctionnement propre.

C’est l’année des Jeux Olympiques, comment appréhendes-tu cela ?

J’ai fait les JO 2012 où on a perdu en quart de finale, ça m’a laissé un gout amer… J’ai bien envie de prendre ma revanche sur à Londres ! Après, vu que j’ai eu une année et demie compliquée depuis mon arrivée à Nice, j’ai loupé les deux dernières compétitions avec l’Equipe de France, donc je sais que le chemin va être un peu compliqué. En tous cas, je donne mon maximum depuis mon retour au mois de janvier pour être physiquement sélectionnable et prête à retourner en Equipe de France !

Et pour l’avenir, des idées de reconversion ?

Je n’y suis pas encore, je n’ai que 26 ans, mais j’y pense oui ! J’aimerais bien être kinésithérapeute. J’avais commencé ces études à 18 ans n’avais pas pu poursuivre. Je vois leur travail tous les jours, mon conjoint est également kiné. C’est un métier que j’apprécie et c’est ça que j’ai envie de faire. Cela permet même de toujours garder un contact avec le milieu du sport ! En tous cas, j’ai envie de continuer ma carrière de handballeuse encore longtemps, tant que je me sens bien physiquement… Si je peux jouer 10 ans de plus, je le ferais !