Et si vous consommiez local, depuis votre canapé ? La Ruche qui dit oui, plateforme d’e-commerce solidaire, vous propose de rencontrer les producteurs de votre région. Une initiative qui casse les codes de l’hyperconsommation, mais à quel prix ?

Par Elise Fort

 

« Notre leitmotiv ? Permettre aux gens qui n’ont pas le temps, d’avoir des produits frais à portée de main ! » entame Jeff Sauter, responsable de la Ruche Nice Nord. Plateforme d’e-commerce responsable et solidaire, la Ruche qui dit Oui propose de commander en ligne sa propre liste de courses où que vous soyez. Ainsi, les producteurs partenaires préparent votre commande et la mettent à disposition lors d’une permanence hebdomadaire. A Nice par exemple, il existe trois ruches « points relais » où vous pourrez récupérer votre panier et rencontrer les producteurs locaux. Avec la réservation sur internet, les vendeurs connaissent le nombre de ventes à l’avance. «Cela nous permet de savoir pourquoi on se déplace contrairement au marché», précise un producteur de viande.

Une volonté de changer les habitudes

Via le site, un large panel de produits est proposé (fruits, légumes, pain, viande, bio, frais ou non transformé…). Ces derniers sont issus de fermes ou de fabrications artisanales locales. Résultat ? Il n’y a pas d’intermédiaire entre vendeur et acheteur, ce qui permet d’encourager et promouvoir les producteurs qui vous sont proches ! C’est le responsable de ruche qui organise les rencontres et contacte les partenaires. Par exemple, pour la Ruche Nice Nord, ils sont 30 à y vendre leurs produits. Chaque jeudi soir, une dizaine d’entre eux se déplace à tour de rôle. « L’économie locale c’est important, témoigne Laura, gérante de la Casa della Burrata. La ruche est un échange de bons procédés ! » Ce concept veut ainsi lutter contre la consommation de masse pour minimiser l’impact environnemental. C’est aussi valoriser les agriculteurs, une profession qui aujourd’hui est en difficulté.

Et pour ce qui est des prix ?

Les producteurs fixent leurs propres tarifs, plus élevés que dans la grande distribution. Pour 1 kg de carottes, comptez en moyenne 3,50 euros. Pour 1 kg de pommes de terre, entre 2,50 euros et 4,70 euros selon la variété. De leur chiffre d’affaires, 8.35 % vont à la Ruche Mama (le siège de l’entreprise à Paris) et 8.35 % à la Ruche à laquelle ils appartiennent. Un pourcentage conséquent, souvent critiqué pour son aspect trop commercial. « Une commande rapide et de qualité, ça a un prix ! » nous répond Elsa, cliente. Des tarifs qui n’ont pas l’air de ralentir les participants puisqu’ici, c’est la condition pour manger local. « Les petites abeilles » comme ils les appellent, n’ont plus qu’à venir avec leur panier vide pour le remplir !

En quelques chiffres

Plus de 800 ruches en France
Plus de 1200 ruches en Europe et  DOM TOM
51 % des producteurs rentrent dans le monde agricole
25 % des producteurs proposent des produits bios

En savoir plus : https://laruchequiditoui.fr/fr