Zoom sur le handicap au travail

Obligation d’emploi des travailleurs handicapés, principe de non-discrimination, obligation de négocier des mesures relatives à l’insertion professionnelle, accessibilité généralisée… Le cadre législatif en faveur des travailleurs handicapés est posé depuis quelques années. Néanmoins, cette tranche de population continue à rencontrer de grandes difficultés pour trouver un emploi ou même le conserver. son taux de chômage reste d’ailleurs deux fois supérieur à celui de la population générale. Mais alors, comment institutions, associations et entreprises travaillent-elles à l’intégration de personnes handicapées ? De quelle manière les politiques handicap sont-elles menées ? Y a t il des structures adaptées à l’emploi ? Enquête.

Par Coralie Bouisset

Auditif, visuel, mental, psychique, moteur… Les handicaps sont nombreux qu’ils soient visibles ou pas. « Notre priorité est de mettre en avant la compétence de la personne concernée, pas son handicap, entame Olivier Le Saint, Directeur Adjoint d’Handy Job 06. Néanmoins, il faut savoir manager une personne handicapée ». Leur mission ? Contribuer à l’optimisation de la gestion des ressources humaines des employeurs en les soutenant dans le recrutement des personnes handicapées et leur politique de maintien dans l’emploi. Cette structure d’aide, qui fête ses 20 ans cette année, travaille en collaboration avec de nombreuses entreprises du département et ce, dans de multiples branches: hôtellerie, automobile, parfum, bâtiment, commerce, services, assurance… « Nous avons observé de vraies évolutions au fil des années, poursuit Olivier Le Saint. Les pratiques ont changé, le recrutement se fait de plus en plus et bon nombre d’entreprises ont intégré le handicap dans leur politique RH. Aujourd’hui, il reste à détecter les problèmes ou les anticiper. Absence, accident, santé au travail… Tout doit être pris en compte et repérer le plus en amont possible. » Cet ensemble de « bonnes pratiques » requiert bien sûr la mise en place d’un processus, d’une méthode au sein des entreprises, permettant ainsi de favoriser la démarche de maintien dans l’emploi. « Engager une politique handicap, c’est impulser et organiser l’identification, la recherche et la mise en œuvre de solutions sur des problématiques de santé au travail. La mise en place d’une telle politique permet à l’établissement de mobiliser les expertises, les moyens techniques et financiers proposés par le FIPHFP pour traiter convenablement les situations d’agents souvent en difficulté, de progresser sur sa gestion RH et financière ainsi que d’identifier sa capacité à intégrer des personnes en situation de handicap ». Des projets rendus possibles par la mise en place de diagnostic et de plans d’actions.

Un suivi bien ficelé 

Pour accompagner les personnes handicapées et les employeurs, les structures et services sont nombreux. Au coeur du système ? La MDPH, Maison Départementale des Personnes Handicapées où se fait le dépôt de demande de reconnaissance du handicap. S’en suivent ensuite les recommandations de l’entité permettant d’orienter le bénéficiaire en milieu ordinaire ou protégé. Plusieurs chemins sont possibles. Pour la personne handicapée à la recherche d’un emploi, un système de co-traitance a été mis en place entre Handy Job et Pole Emploi afin de traiter, à l’heure actuelle, environ 9 000 demandes. Les offres proposées par Handy Job sont similaires et correspondent aux applications métier. « Nous avons la chance de disposer d’un médecin du travail qui va nous aider à mettre en place et valider le projet professionnel de la personne suivie, détaille Olivier Le Saint. Ensuite, nous évitons tout frein à l’insertion en mettant en place, si besoin, une montée en compétences. Pour accompagner la recherche d’emploi le plus loin possible, nous agissons comme un cabinet de recrutement en prenant bien sûr en compte le métier, le handicap, l’aménagement de l’environnement si nécessaire. » Chaque année, l’organisme recense environ 3 000 nouvelles personnes suivies et 1 200 contrats signés. « C’est beaucoup mieux qu’il y a quelques années ! Mais bien sûr, ce n’est pas encore assez, » précise le Directeur adjoint. La SAMETH et Handy Conseil permettent, elles, de soutenir les personnes salariées pour éviter le licenciement suite à une reconnaissance de handicap. En 2016, 650 entreprises ont été conseillées et guidées sur leurs problèmes d’adaptation de poste, d’aménagement, de reconnaissance et de reclassement professionnel. Sur les 400 dossiers de maintien dans l’emploi ouverts, 356 maintiens ont été réussis soit 94% donc 216 situations très complexes. Sans compter bien sûr les nombreuses associations qui interviennent également lors du placement en milieu protégé.

De bons élèves ! 

Dans le département des Alpes-Maritimes, nombreuses sont les entreprises ayant mis en place une réelle politique handicap. Résultat ? Des taux d’emplois qui dépassent l’obligation légale bien connue des 6% pour les sociétés de plus de 20 salariés. « Nous disposons d’une cellule handicap qui nous permet d’accompagner nos collaborateurs au quotidien, explique Stéphane Quaranta, Directeur Régional GSF Jupiter (Filiale sud-est). Notre leitmotiv ? Le handicap n’est pas un handicap! Il s’agit souvent d’un sujet tabou que nous souhaitons « banaliser ». Nous devons communiquer encore plus autour de cela pour rassurer les salariés mais aussi les personnes qui pourraient penser que les métiers proposés par GSF (ndlr : société spécialisée dans le nettoyage), ne sont pas faits pour des personnes handicapées. » Grâce à son engagement fort, GSF Jupiter a remporté en 2015 le Prix Handicap et Emploi. « Il était également important pour nous de réussir à adapter la diversité des postes de travail aux différents handicaps des collaborateurs recrutés, poursuit le Directeur Régional. La cellule est également là pour cela et permet de s’orienter sur deux axes majeurs : le recrutement et l’intégration dans les équipes des collaborateurs. » Parmi les actions engagées ? Revue des fiches de postes prenant en compte les restrictions, suivi de l’intégration trois mois après l’embauche, sensibilisation de 100% des collaborateurs malgré l’éclatement des chantiers, courrier d’information sur le handicap adressé aux clients… L’ensemble des actions engagées permet à GSF d’atteindre un taux d’emploi des personnes handicapées de 8,75 % en 2016, significativement au dessus des exigences légales. « Nous mettons aussi en place des démarches innovantes comme le co-montage d’une équipe de travailleurs handicapés pour l’un de nos clients. Nous pilotons l’équipe sans qu’elle soit intégrée à nos effectifs. Cela permet à notre client de compléter son obligation légale d’emplois handicapés tout en bénéficiant d’un suivi de la part de GSF. » Le souhait de la filiale ? Des actes plutôt que des mots ! Les collaborateurs participent d’ailleurs régulièrement à des évènements autour de la thématique handicap comme le 16 septembre 2017 pour la 5ème édition du « Semi 24h le défi » organisé dans le cadre des 20 ans d’Handy Job. « Nous avons également sponsorisé, au printemps dernier, l’Open de Tennis de Grasse et avons organisé en marge de cet évènement une exhibition handisport via Yoann Quilliou, numéro 5 français du tennis fauteuil, que le groupe accompagne depuis 2013 », conclut Stéphane Quaranta. L’objectif ? Sensibiliser le public !

Le boom des reconnaissances 

Autre exemple local, la Caisse d’Epargne Côte d’Azur (CECAZ) qui se place numéro deux du réseau des Caisses d’Epargne de France avec sa politique handicap. Michel Calmet, référent handicap de la CECAZ  depuis près de huit ans, a de multiples rôles : embauche, présence sur les salons, sensibilisation des employés, aménagement de poste ou encore accompagnement des salariés handicapés… « Nous avons souhaité faire comprendre à nos collaborateurs mais aussi aux candidats que le handicap n’est un frein ni à l’évolution, ni à l’embauche, relate-t-il. Avant la mise en place de cette sensibilisation, notamment en interne, les salariés avaient peur de perdre leur emploi, de ne pas pouvoir grimper les échelons ou encore d’avoir une sorte d’étiquette collée sur leur visage. » C’est en entretenant d’excellentes relations humaines avec les acteurs du handicap 06 comme la MDPH ou l’Agefiph que Michel Calmet a souhaité s’impliquer dès son arrivée. Résultat ? La CECAZ comptait, en 2016, 128 collaborateurs en situation de handicap soit 7,16% de l’effectif. Toujours en 2016, on dénombre six embauches (1 en CDI et 5 en CDD) et seize nouvelles reconnaissances. « C’est notre travail qui a permis aux collaborateurs d’être plus à l’aise avec ce sujet, poursuit-il. J’ai par exemple organisé la venue d’Axel Allétru, ex champion de motocross qui a malheureusement eu un accident… Mais qui est loin de s’apitoyer sur son sort ! Aujourd’hui, malgré son handicap, il excelle en natation. Son but ? Remarcher alors que les médecins lui ont annoncé que ce serait impossible. Mais il ne perd pas espoir ! C’est ce genre d’exemple que nous souhaitons montrer à nos collaborateurs, leur prouver que malgré le handicap, tout est possible ! ». Plus que des embauches, la CECAZ a vu exploser son taux de reconnaissance en interne, grâce à une politique de confiance menée par la Direction. « Auparavant, j’étais complètement ignorante du fait qu’il était possible d’avoir une reconnaissance par rapport à son handicap, témoigne Hélène Giacalone, 53 ans, salariée de la CECAZ. Lors de mon arrivée à la Caisse d’Epargne en 1991, je n’avais aucun soucis de santé. C’est bien plus tard que j’ai commencé à avoir des problèmes rhumatologiques et seulement une dizaine d’années après que nous avons mis en place un aménagement de poste. » Le plus difficile ? Gérer la maladie d’abord, première préoccupation avant l’emploi. Mais bien sûr, après l’arrêt de travail et l’hospitalisation, quand il s’agit de retourner dans la sphère emploi, il faut pouvoir en parler. « Mes collègues de travail ne sont pas particulièrement au courant car mon handicap ne se voit pas au premier regard, confié Hélène. Je n’en parle donc pas forcément. Par contre, grâce à ma  direction, j’ai eu la chance d’avoir un réel suivi, sans nécessité de changer de poste. Ma supérieure s’est chargée de la demande d’aménagement de mobilier et tout cela s’est mis en place. » Hélène Giacalone estime qu’elle n’a pas eu de problème particulier car elle est restée autonome, mais pense que pour d’autres personnes handicapées, le monde du travail est complexe, notamment pour certains postes « où il faut des résultats concrets et rapides par exemple. Certains métiers ne sont pas adaptés au handicap selon moi. »

Des structures dédiées 

Et justement, lorsque l’intégration en milieu ordinaire n’est pas possible, que se passe-t-il ? La suite de notre enquête nous propulse vers les ESAT, Etablissement et Service d’Aide par le Travail, et plus particulièrement au coeur du service solidaire ESATITUDE. Mais alors, késako ? Il s’agit du réseau départemental des ESAT de l’ADAPEI 06 qui permet de répondre à de larges demandes d’entreprises privées et publiques ou de particuliers. Pas moins de 900 travailleurs sont accompagnés aujourd’hui au sein des six établissements du département. « Nous comptons six pôles de travail : entretien espaces verts et voiries, sous traitance industrielle, parfumerie/cosmétique, communication, hôtellerie/restauration et proposons également une mise à disposition en milieu ordinaire, entame Fabien Dupas, Directeur de Pôle ESATITUDE Riviera Nice Menton. Pour satisfaire au mieux les exigences de nos clients, nous proposons un large éventail d’activités permettant d’offrir des métiers très variés à nos employés et de faire toujours référence aux normes exigées allant parfois jusqu’à la certification ISO 9001 pour certains de nos établissements. » Ces structures de travail adapté permettent donc à des personnes handicapées mentales d’exercer une activité professionnelle dans des conditions de travail aménagées, et bénéficient d’un soutien social, psychologique et éducatif. « Bien sûr, nos travailleurs sont dans les meilleures conditions possibles par la formation, la qualité de l’encadrement, l’adaptation et la valorisation des tâches proposées, poursuit le Directeur. Chaque équipe est accompagnée par un moniteur technicien dans le métier concerné, de manière à offrir un pas vers l’autonomie tout en gardant le souci du travail bien fait. » Résultat ? Les travailleurs qui manifestent des capacités suffisantes peuvent quitter le centre et intégrer une entreprise ordinaire ! Et pour les bénéficiaires des prestations proposées par les ESAT, les avantages sont nombreux. « Qu’ils dépendent du secteur privé, public ou du domaine associatif, tous les établissements de plus de 20 salariés doivent employer des personnes en situation de handicap, pour au moins 6% de leur effectif, détaille Fabien Dupas. Les contrats de sous-traitance, fourniture, prestation de services ou mise à disposition de personnel handicapé, conclus avec l’un de nos ESAT, permettent de réduire jusqu’à 50 % de cette obligation d’emploi. » Sans aucun doute, faire appel à des ESAT aide également à asseoir sa démarche de Responsabilité Sociale et Environnemental (RSE). Pour poursuivre cet engagement sociétal, la Caisse d’Epargne Côte d’Azur travaille justement avec ces structures. Quelques exemples? La commande de plateaux-repas lors de manifestations en agence, la création de goodies ou même des expérimentations avec la société Avencod qui n’emploie que des autistes, par le biais de la Digital Academy de la CECAZ. « Enfin, les particuliers peuvent également faire appel à nous… Et peu d’entre eux sont au courant! Reprend Fabien Dupas. Les prestations concernées sont par exemple l’entretien de maison (sols, sanitaires, vitres…) ainsi que la création et l’entretien de jardins. » Quant aux avantages, les particuliers bénéficient d’une réduction d’impôt ou d’un crédit d’impôt. « Je fais moi même appel à un ESAT en tant que particulier pour l’entretien de mon jardin », sourit Michel Calmet, référent handicap CECAZ. Comme quoi… L’engagement va bien au delà du secteur professionnel !

De bons élèves ! 

Dans le département des Alpes-Maritimes, nombreuses sont les entreprises ayant mis en place une réelle politique handicap. Résultat ? Des taux d’emplois qui dépassent l’obligation légale bien connue des 6% pour les sociétés de plus de 20 salariés. « Nous disposons d’une cellule handicap qui nous permet d’accompagner nos collaborateurs au quotidien, explique Stéphane Quaranta, Directeur Régional GSF Jupiter (Filiale sud-est). Notre leitmotiv ? Le handicap n’est pas un handicap! Il s’agit souvent d’un sujet tabou que nous souhaitons « banaliser ». Nous devons communiquer encore plus autour de cela pour rassurer les salariés mais aussi les personnes qui pourraient penser que les métiers proposés par GSF (ndlr : société spécialisée dans le nettoyage), ne sont pas faits pour des personnes handicapées. » Grâce à son engagement fort, GSF Jupiter a remporté en 2015 le Prix Handicap et Emploi. « Il était également important pour nous de réussir à adapter la diversité des postes de travail aux différents handicaps des collaborateurs recrutés, poursuit le Directeur Régional. La cellule est également là pour cela et permet de s’orienter sur deux axes majeurs : le recrutement et l’intégration dans les équipes des collaborateurs. » Parmi les actions engagées ? Revue des fiches de postes prenant en compte les restrictions, suivi de l’intégration trois mois après l’embauche, sensibilisation de 100% des collaborateurs malgré l’éclatement des chantiers, courrier d’information sur le handicap adressé aux clients… L’ensemble des actions engagées permet à GSF d’atteindre un taux d’emploi des personnes handicapées de 8,75 % en 2016, significativement au dessus des exigences légales. « Nous mettons aussi en place des démarches innovantes comme le co-montage d’une équipe de travailleurs handicapés pour l’un de nos clients. Nous pilotons l’équipe sans qu’elle soit intégrée à nos effectifs. Cela permet à notre client de compléter son obligation légale d’emplois handicapés tout en bénéficiant d’un suivi de la part de GSF. » Le souhait de la filiale ? Des actes plutôt que des mots ! Les collaborateurs participent d’ailleurs régulièrement à des évènements autour de la thématique handicap comme le 16 septembre 2017 pour la 5ème édition du « Semi 24h le défi » organisé dans le cadre des 20 ans d’Handy Job. « Nous avons également sponsorisé, au printemps dernier, l’Open de Tennis de Grasse et avons organisé en marge de cet évènement une exhibition handisport via Yoann Quilliou, numéro 5 français du tennis fauteuil, que le groupe accompagne depuis 2013 », conclut Stéphane Quaranta. L’objectif ? Sensibiliser le public !

Le boom des reconnaissances 

Autre exemple local, la Caisse d’Epargne Côte d’Azur (CECAZ) qui se place numéro deux du réseau des Caisses d’Epargne de France avec sa politique handicap. Michel Calmet, référent handicap de la CECAZ  depuis près de huit ans, a de multiples rôles : embauche, présence sur les salons, sensibilisation des employés, aménagement de poste ou encore accompagnement des salariés handicapés… « Nous avons souhaité faire comprendre à nos collaborateurs mais aussi aux candidats que le handicap n’est un frein ni à l’évolution, ni à l’embauche, relate-t-il. Avant la mise en place de cette sensibilisation, notamment en interne, les salariés avaient peur de perdre leur emploi, de ne pas pouvoir grimper les échelons ou encore d’avoir une sorte d’étiquette collée sur leur visage. » C’est en entretenant d’excellentes relations humaines avec les acteurs du handicap 06 comme la MDPH ou l’Agefiph que Michel Calmet a souhaité s’impliquer dès son arrivée. Résultat ? La CECAZ comptait, en 2016, 128 collaborateurs en situation de handicap soit 7,16% de l’effectif. Toujours en 2016, on dénombre six embauches (1 en CDI et 5 en CDD) et seize nouvelles reconnaissances. « C’est notre travail qui a permis aux collaborateurs d’être plus à l’aise avec ce sujet, poursuit-il. J’ai par exemple organisé la venue d’Axel Allétru, ex champion de motocross qui a malheureusement eu un accident… Mais qui est loin de s’apitoyer sur son sort ! Aujourd’hui, malgré son handicap, il excelle en natation. Son but ? Remarcher alors que les médecins lui ont annoncé que ce serait impossible. Mais il ne perd pas espoir ! C’est ce genre d’exemple que nous souhaitons montrer à nos collaborateurs, leur prouver que malgré le handicap, tout est possible ! ». Plus que des embauches, la CECAZ a vu exploser son taux de reconnaissance en interne, grâce à une politique de confiance menée par la Direction. « Auparavant, j’étais complètement ignorante du fait qu’il était possible d’avoir une reconnaissance par rapport à son handicap, témoigne Hélène Giacalone, 53 ans, salariée de la CECAZ. Lors de mon arrivée à la Caisse d’Epargne en 1991, je n’avais aucun soucis de santé.

C’est bien plus tard que j’ai commencé à avoir des problèmes rhumatologiques et seulement une dizaine d’années après que nous avons mis en place un aménagement de poste. » Le plus difficile ? Gérer la maladie d’abord, première préoccupation avant l’emploi. Mais bien sûr, après l’arrêt de travail et l’hospitalisation, quand il s’agit de retourner dans la sphère emploi, il faut pouvoir en parler. « Mes collègues de travail ne sont pas particulièrement au courant car mon handicap ne se voit pas au premier regard, confié Hélène. Je n’en parle donc pas forcément. Par contre, grâce à ma  direction, j’ai eu la chance d’avoir un réel suivi, sans nécessité de changer de poste. Ma supérieure s’est chargée de la demande d’aménagement de mobilier et tout cela s’est mis en place. » Hélène Giacalone estime qu’elle n’a pas eu de problème particulier car elle est restée autonome, mais pense que pour d’autres personnes handicapées, le monde du travail est complexe, notamment pour certains postes « où il faut des résultats concrets et rapides par exemple. Certains métiers ne sont pas adaptés au handicap selon moi. »

Des structures dédiées 

Et justement, lorsque l’intégration en milieu ordinaire n’est pas possible, que se passe-t-il ? La suite de notre enquête nous propulse vers les ESAT, Etablissement et Service d’Aide par le Travail, et plus particulièrement au coeur du service solidaire ESATITUDE. Mais alors, késako ? Il s’agit du réseau départemental des ESAT de l’ADAPEI 06 qui permet de répondre à de larges demandes d’entreprises privées et publiques ou de particuliers. Pas moins de 900 travailleurs sont accompagnés aujourd’hui au sein des six établissements du département. « Nous comptons six pôles de travail : entretien espaces verts et voiries, sous traitance industrielle, parfumerie/cosmétique, communication, hôtellerie/restauration et proposons également une mise à disposition en milieu ordinaire, entame Fabien Dupas, Directeur de Pôle ESATITUDE Riviera Nice Menton. Pour satisfaire au mieux les exigences de nos clients, nous proposons un large éventail d’activités permettant d’offrir des métiers très variés à nos employés et de faire toujours référence aux normes exigées allant parfois jusqu’à la certification ISO 9001 pour certains de nos établissements. » Ces structures de travail adapté permettent donc à des personnes handicapées mentales d’exercer une activité professionnelle dans des conditions de travail aménagées, et bénéficient d’un soutien social, psychologique et éducatif. « Bien sûr, nos travailleurs sont dans les meilleures conditions possibles par la formation, la qualité de l’encadrement, l’adaptation et la valorisation des tâches proposées, poursuit le Directeur. Chaque équipe est accompagnée par un moniteur technicien dans le métier concerné, de manière à offrir un pas vers l’autonomie tout en gardant le souci du travail bien fait. » Résultat ? Les travailleurs qui manifestent des capacités suffisantes peuvent quitter le centre et intégrer une entreprise ordinaire ! Et pour les bénéficiaires des prestations proposées par les ESAT, les avantages sont nombreux. « Qu’ils dépendent du secteur privé, public ou du domaine associatif, tous les établissements de plus de 20 salariés doivent employer des personnes en situation de handicap, pour au moins 6% de leur effectif, détaille Fabien Dupas.

Les contrats de sous-traitance, fourniture, prestation de services ou mise à disposition de personnel handicapé, conclus avec l’un de nos ESAT, permettent de réduire jusqu’à 50 % de cette obligation d’emploi. » Sans aucun doute, faire appel à des ESAT aide également à asseoir sa démarche de Responsabilité Sociale et Environnemental (RSE). Pour poursuivre cet engagement sociétal, la Caisse d’Epargne Côte d’Azur travaille justement avec ces structures. Quelques exemples? La commande de plateaux-repas lors de manifestations en agence, la création de goodies ou même des expérimentations avec la société Avencod qui n’emploie que des autistes, par le biais de la Digital Academy de la CECAZ. « Enfin, les particuliers peuvent également faire appel à nous… Et peu d’entre eux sont au courant! Reprend Fabien Dupas. Les prestations concernées sont par exemple l’entretien de maison (sols, sanitaires, vitres…) ainsi que la création et l’entretien de jardins. » Quant aux avantages, les particuliers bénéficient d’une réduction d’impôt ou d’un crédit d’impôt. « Je fais moi même appel à un ESAT en tant que particulier pour l’entretien de mon jardin », sourit Michel Calmet, référent handicap CECAZ. Comme quoi… L’engagement va bien au delà du secteur professionnel !